UNE EPOQUE, UN LIEU ET DU BLEU !

Ce travail se veut être, initialement, un travail interactif (sous forme de PowerPoint), mais il est présenté, ci-dessous, sous forme d’article (la mise en page la plus adaptée pour le blog).  

Dans la présentation interactive se trouve donc une frise chronologique en bas de la page d’accueil, dotée d’un curseur qui nous permet de passer d’une période historique à une autre (L’ Antiquité- Le Moyen Age- L’Epoque Moderne- L’époque Contemporaine). La personne peut alors choisir la période historique de son choix.

Et, sur le reste de la page, un planisphère prend place. Des points sont visibles à certains endroits, selon l’époque choisie. Il est alors possible de cliquer sur ses points pour découvrir des informations sur le bleu à un endroit donné (sur le planisphère) et pendant un temps donné (selon la période préalablement choisie).

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Exemple de mis en page interactive

 

 

 

UNE EPOQUE, UN LIEU ET DU BLEU !

Du 15 Octobre 2016 au 6 Février 2017, le musée des Beaux-Arts d’Arras vous accueille pour une exposition riche en couleur bleue ! Intitulée Sacrebleu, cette exposition temporaire vous fera découvrir cette couleur issue de la nature, son parcours au fil du temps et dans les esprits…

 

  • L’ANTIQUITE : LE BLEU EXISTE-T-IL ?

Durant l’Antiquité, en Grèce, le mot « bleu » n’existe pas et n’est pas considéré comme une couleur. On se demande même si les Grecs arrivaient à voir le bleu, puisque cette couleur n’est pas présente dans les archives grecques.

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Photo non prise durant la visite; issue du bistrobarblog

Mais, en Egypte, c’est tout le contraire, le bleu est la couleur la plus importante et est censée apporter le bonheur dans l’au-delà !

C’est pourquoi les Egyptiens utilisent le « bleu égyptien » sur leurs sarcophages, papyrus, peintures murales et sculptures. Un bleu créé pendant la IVème dynastie, en Egypte, et qui apparaissait de couleur plus claire que le bleu utilisé à cette époque.

  • LE MOYEN AGE : LE BLEU SE DIVERSIFIE
Photo prise pendant la visite: - Vierge de douleur, vers1500
Photo prise pendant la visite:
– Vierge de douleur, vers1500

A la fin du XIIème siècle, en Occident, le bleu devient une couleur divine, celle de la Vierge Marie. Cette couleur est alors présente dans les vitraux d’églises, ou encore dans les représentations ainsi que dans les livres religieux.

Il faut savoir que c’est pendant cette période, que le bleu devient la couleur portée par le roi en l’honneur de la Vierge !

Photo prise pendant la visite: Chien de Fô,période Ming (1368-1644)
Photo prise pendant la visite: – Chien de Fô,période Ming (1368-1644)
Photo prise pendant la visite: - Plat chinois, 1660-1680
Photo prise pendant la visite: 
– Plat chinois, 1660-1680

Au même moment, vers le XIIIème siècle, le bleu (de cobalt) se répand dans les décors de porcelaines chinoises, notamment pendant la période Ming, en Chine.

Il est important de noter que le bleu est aussi présent au sein de la tradition chinoise. Cette couleur est, par exemple, utilisée pour représenter le « Chien de Fo », qui est un lion gardien, utilisé comme symbole de protection dans les bâtiments, mais aussi dans les tombes chinoises.

  • L’EPOQUE MODERNE : LE BLEU CONTINUE DE SE DEVELOPPER
Photo prise pendant la visite: - Louis-Michel Van Loo, Portrait à mi-corps de Louis XV, XVIIIe siècle, musée des beaux-Arts d’Arras
Photo prise pendant la visite:
– Louis-Michel Van Loo, Portrait à mi-corps de Louis XV, XVIIIe siècle, musée des beaux-Arts d’Arras

Pendant l’époque moderne, le bleu est toujours une couleur divine, portée par le roi (et par la famille royale), mais aussi par la noblesse !

le bleu roi
le bleu roi

D’où l’origine du nom de certaines couleurs comme le « bleu roi » ou encore des expressions comme « avoir du sang bleu » (être d’origine noble, aristocratique).

A cette époque, le bleu continue d’être présent dans l’art du feu (notamment avec la porcelaine), et s’étend en Occident.

En effet, dès le début du XVIIIème siècle, les manufactures se développent dans le Nord de l’Europe: Tournai, Chantilly, Arras… Ces villes sont proches les unes des autres, ce qui favorise les échanges de marchandises et de savoirs.

C’est ainsi que nous pouvons mettre en avant le Bleu d’Arras !

L’HISTOIRE DU BLEU D’ARRAS…

En 1770 quatre sœurs (Louise, Marguerite, Robertine et Constance  Delemer) décident de fonder leur propre manufacture. Nait alors la production de porcelaine arrageoise la plus importante, et que chaque arrageois connait : le Bleu d’Arras, cette porcelaine faite avec du bleu de Cobalt !

A cette époque, ces femmes ont deux sources d’inspiration : les formes de Tournai (comme « le Ronda » ) et la fabrique de porcelaine de Chantilly. Ce qui leur a permis de créer le motif « Monsieur de Calonne ».

Bleu d’Arras; motif « Monsieur de Calonne »
Bleu d’Arras; motif « Monsieur de Calonne »

Mais leur activité s’achève en 1790. Et ce n’est qu’au XXème siècle qu’elle est reprise par Henri Caudron.

Aujourd’hui, c’est au tour de Maurice Segard de perpétuer cette tradition du bleu d’Arras, et cette fois,  sur la Place des Héros !

  • L’EPOQUE CONTEMPORAINE : LE BLEU AU SERVICE DE TOUS LES ARTS !

En Occident, durant l’époque contemporaine, le bleu est la couleur de la tristesse et de la sensibilité. Ceci est lié au romantisme, un courant de pensée et d’état d’âme qui se développe pendant le XVIIIème siècle ainsi qu’au début du XIXème siècle. Associé au noir, le bleu est le symbole qu’il faut pour illustrer la mélancolie de ce courant littéraire et artistique !

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Photo prise pendant la visite: – Alphonse Osbert, Les chants de la nuit, 1896, musée d’Orsay

C’est pourquoi, pendant le reste du XIXème siècle, de nombreux peintres comme Van Gogh ou encore Picasso vont s’intéresser à ces couleurs, et vont les travailler pour y mettre le maximum de sentiments et d’expressivité. En effet, ceci se voit parfaitement bien dans les œuvres associée à la période bleue de Picasso, images de son état moral rempli de tristesse.

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Photo prise pendant la visite: – Bernard Rancillac, sans titre (Billie Holiday), collection privée Corneille Vermunt

Cette signification du bleu continuera dans cette lancée avec le blues, un style de musique apparaissant aux Etats-Unis pendant ce même siècle !

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Photo prise pendant la visite: – Pierre Alechinsky, Trophée des grands prix nationaux 1989

Depuis le Moyen Age, le bleu ne cesse d’être présent dans les arts de la table. Venue d’Orient, en passant par la Chine pour ensuite arriver en Occident, c’est la couleur favorite de la porcelaine !

De nos jours, des artistes (plasticiens, designers…) utilisent donc cette couleur pour créer de nouveaux styles de porcelaines : ils détournent les formes, utilisent des nouvelles matières, varient les nuances de couleur…

Nous pouvons alors affirmer qu’aujourd’hui, encore, le bleu est source d’inspiration et est omniprésent dans l’Art. Couleur du ciel et de l’eau, cette couleur invite au rêve et au voyage.

C’est pourquoi de nouveaux genres picturaux se développent, comme la Marine (nom issu de la couleur bleu marine). Les artistes, adeptes de ce genre, le plus souvent natifs de la Côte d’Opale, se plaisent à reproduire les paysages marins, les plages… où se trouvent leurs souvenirs, où ils aiment se promener. Le bleu devient la couleur de l’imagination.

Sur cette lancée, le bleu se fait une place dans l’art abstrait : cette couleur est « décortiquée », étudiée dans tous les sens, et des nouvelles teintes sont même créées (exemple du bleu Klein) !

UNE CONCLUSION BLEUTEE

L’exposition Sacrebleu d’Arras retrace à merveille le parcours du bleu du Moyen-Age à nos jours, de l’Occident à l’Orient… Et n’exclut aucun art : peintures, textiles, littératures, vidéos…

Elle est aussi enrichissante pour tout visiteur, Arrageois ou non, lui permettant de découvrir le « Bleu d’Arras » et de comprendre son origine.

Un voyage dans l’Histoire du bleu,

Une exposition à découvrir en cette période d’  « heure bleue »* !

* l’heure bleue = le moment avant le lever du soleil et après son coucher, où la pénombre arrive sous forme de lumière bleue; et qui peut avoir une conséquence négative sur le moral.

 

Sources:

-Notes prises pendant la visite

-Le journal « Libération » : article sur le bleu (pour la partie « Antiquité »)

 

Camille CAPRON

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