« Sacrebleu » : l’exposition qui nous dévoile les secrets du bleu

expo3

A Arras, au musée des Beaux-Arts, se tient depuis le 15 octobre une exposition consacrée à la couleur bleue. Objets d’artisanats et œuvres d’arts sont exposés afin de retracer l’histoire du bleu, et toutes ses nuances, depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours. On y voit toute l’importance qu’a prise la couleur primaire dans l’art pictural mais pas seulement. Parmi les œuvres que l’on peut admirer, l’exposition nous propose aussi d’écouter des œuvres musicales inspirées de la couleur bleue. On parle alors de « note bleue ». Ce qu’on appelle la note bleue dans le jazz, c’est une note spéciale jouée avec un abaissement, et qui est souvent utilisée pour exprimer la tristesse et la mélancolie. Le bleu c’était d’ailleurs la couleur du mouvement romantique, dont la mélancolie est la principale caractéristique, au XIXème siècle, et c’est pour cela que les musiciens romantiques ont voulu recréer cette couleur en musique. Il est donc possible d’écouter le bleu. Voici un extrait d’une composition de Frédéric Chopin, que l’exposition nous propose d’écouter :

Ce que l’on apprend durant la visite de l’exposition c’est que la couleur bleue est aussi à l’origine d’un des genres musicaux américains les plus populaires : le blues. Le terme « blues » renvoie en fait à l’expression anglaise « blue devils », l’équivalent en français de « idées noires ». Ce genre est celui des afro-américains qui travaillaient dans les champs de cotons au XIXème siècle, ils exprimaient leur tristesse et leur désespoir grâce à cette musique. Encore une fois le bleu est fortement lié à la mélancolie.

expo
Le portrait par Bernard Rancillac d’une des plus grands chanteuses de blues, Billie Holiday, illustre la partie de l’exposition consacrée à la musique.

Voici quelques chansons à écouter de Billie Holiday pour bien se rendre compte de toute l’importance de la mélancolie dans le blues/jazz :

Toujours sur le thème du jazz et de la couleur bleue, on retrouve un peu plus loin dans l’exposition une œuvre d’Henri Matisse intitulée « Jazz ». La couleur bleue prédomine et on peut l’affirmer ce n’est pas une coïncidence : ce rapprochement entre musique et image s’agit en réalité du principe de la synesthésie. Ce terme désigne l’association entre deux sens différents, ici la vue et l’ouïe. C’est ce que font Chopin, Schubert, ou encore Olivier Messiaen lorsqu’ils tentent de représenter le bleu en musique. Pour retranscrire une couleur en musique, plusieurs critères entrent en jeu : la teinte, la luminosité (la quantité de noir dans une couleur) et la saturation. Il ne s’agit donc pas d’un ressenti personnel mais d’une impression qui peut quand même varier d’une personne à l’autre. L’artiste contemporain (et daltonien) Neil Harbisson va plus loin et parle de sonochromatopsia, un terme qu’il a inventé. Selon Harbisson, la sonochromatopsia est un sens à part qui ne change pas en fonction des personnes car il s’agit d’une approche objective. En fait, l’artiste incapable de percevoir les couleurs depuis la naissance, s’est fait greffer un œil cybernétique sur le front qui traduit les fréquences lumineuses en sons. Neil Harbisson l’affirme « il écoute les couleurs ». Un tout autre sens donné à la synesthésie, et une nouvelle façon de vivre l’art, rendue possible grâce à la technologie. Afin d’en savoir plus sur Neil Harbisson et son travail, vous pouvez consulter son site web officiel : http://www.harbisson.com. Pour terminer je vous propose de regarder cette vidéo, dans laquelle l’artiste lui-même nous dit ce qui lui seul peut expliquer, c’est à dire à quoi correspondent les couleurs selon son « sixième sens » :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *