Le livre numérique, une révolution lente ?

Le cours sur « le livre numérique, une révolution lente ? » a pour but de présenter l’évolution du livre numérique, depuis le livre papier jusqu’à la révolution numérique qui change toutes nos habitudes de lecture.

©Free stocks

Qu’est ce qu’un livre numérique ?

C’est un livre dont le contenu est numérisé. Un livre électronique est un appareil dédié à la lecture sur écran, comme par exemple une liseuse. Mais la question est, comment se retrouve-t-on avec des livres numériques ?

Les ingénieurs ont eu très vite envie de créer des outils numériques qui reproduiraient le confort de la lecture sur papier et qui n’obligeraient plus à passer par l’impression papier dès lors que l’on a des volumes de textes importants.

Dès les années 70 on commence à rêver ce que vont être les journaux du futur. La technologie d’encre E-Ink date des années 1990, ce sont des micro-capsules, noires ou blanches, qu’un champ électrique active en leur donnant une polarité. La société E-Ink est toujours leader du marché.

Nous avons une première tentative de commercialisation pour la liseuse Kindle à la fin des années 90, début 2000, aux Etats-Unis avec les différentes générations de Rocket Ebooks (REB). Au même moment en 1998 environ, en France la première liseuse s’appelle la Cybook. Mais c’est un échec car elles ont le format de très gros livres, pèsent près de 2kg et peuvent stocker une dizaine de livre seulement. Michael Dahan et Laurent Picard récupèrent les brevets et fondent Booken en 2003.

Amazon se lance également sur le marché liseuse avec Kindle en 2007. Nous aurons un équivalent français avec la Fnac en 2011, Kobo.

Il se trouve qu’en 2008, 5 000 français possédaient une liseuse, 27 000 en 2010, 145 000 en 2011 et 300 000 en 2012. Il s’en vend entre 300 et 350 000 par an contre 3 à 5 millions de tablettes. Les liseuses essayent de reproduire les points forts de la lecture papier tout en ajoutant les points fort de la lecture numérique.

L’histoire du marché du livre numérique

En 2011, les balbutiements : Le livre numérique fait ses premiers pas. 12% des adultes américains possédaient une liseuse en 2011. Soit 114 millions de titre vendus en livre numérique en 2010.

En 2013, l’emballement : Le livre numérique représente désormais 22% du marché total du livre aux Etats-Unis. En France, l’offre éditoriale reste maigre et peu lisible. Mais un accord est enfin signé entre auteurs et éditeurs sur la cession des droits numériques.

Et en 2015, la stagnation… Le livre numérique est potentiellement une révolution sans précédents. Mais cette révolution n’a pas vraiment eu lieu : en 2015, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, les ventes stagnent et sont même en baisse. En Grande Bretagne le patron d’une des grandes chaines de librairies a retiré de ses rayons les liseuses parce que les ventes étaient trop faibles et il y a remis des livres papiers. En France, l’Ebook n’occupe qu’une petite place, autour de 3%. Seulement 1% des acheteurs de livres se sont vraiment convertis au numérique.

Quels sont les obstacles ?

Le premier frein, le prix : les gens n’ont pas envie d’acheter un Ebook à 15 euros car ils pensent que ça devrait coûter moins cher puisqu’on ne paie pas le papier, l’impression ni les frais de stock. Les gens se tournent alors vers les sites de téléchargement illégal de livre. Mais les arguments ne sont pas tout à fait vrais, les éditeurs doivent quand même publier des ouvrages imprimés et sur les gros tirages, les grandes ventes, le prix de fabrication n’est pas énorme.

Sur le marché américain, les éditeurs ont voulu une augmentation de l’Ebook et ça a mené à un effondrement du marché.

Le second frein : l’offre, tous les ouvrages ne sont pas encore disponibles. En 2015, il n’y avait que 100 000 titres numériques en France (chiffre pour les bibliothèques), sachant que les ventes de livres se répartissent sur 700 000 titres. Tous les nouveaux livres sortent simultanément en version brochés et en numérique, sauf en cas de refus explicite de l’auteur.

Le troisième frein : les formats. « L’interopérabilité » désigne le fait que les machines puissent communiquer en elles, et la compatibilité des formats. Or il existe plusieurs formats concurrents pour les livres numériques dont quatre formats très répandus : xhtml, PDF, epub (format ouvert et standardisé, qui s’ajuste aux supports sur lequel il est lu en conservant la mise en page et les options disponibles). Amazon a son propre format : azm, format spécifique qui n’est lisible que sur les liseuse Kindle. Le Kindle n’accepte pas les epub,  si bien que lorsqu’on en achète un, on doit le convertir avant de le charger.

Un autre obstacle technique concerne la gestion des droits numériques, avec le DRM (digital rights management), système de verrouillage, de protection des fichiers – le but étant d’empêcher ou de limiter à deux le nombre de copies que l’on peut générer à partir de l’achat d’un fichier.

L’offre enfin reste peu innovante : aujourd’hui l’offre consiste en version numérique de livre écrit pour le papier, le livre homothétique. Ce sont des copies conformes du livre imprimé. L’intérêt en terme d’innovation est faible.

L’offre du livre numérique est encore inadaptée. Les lecteurs plébiscite le Multi-support, la possibilité de lire sur smartphone, tablette et ordinateur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *