Les IHM : qui retrouvons-nous au centre de ces interactions ?

Les Interactions Homme-Machine (IHM) font partie intégrante de notre quotidien depuis plusieurs années maintenant : que ce soit lorsque vous démarrez votre voiture ou tout autre appareil électronique, ou lorsque vous utilisez votre clavier et/ou un écran tactile, vous réalisez des IHM. Il s’agit donc, pour faire simple, d’un ensemble de moyens et d’outils utilisés par l’homme pour communiquer avec une machine. Mais sommes-nous toujours réellement dans un rapport homme-machine, ou tendons-nous vers un rapport machine-homme ?

©Glenn Carstens-Peters
©Glenn Carstens-Peters

L’humain d’abord

Au départ, cela ne fait aucun doute : l’homme domine la machine. En effet, c’est lui qui est à l’origine de ces dispositifs numériques et qui en a donc le contrôle. Au fil des années, nous avons réussi à développer des systèmes ergonomiques, simples et efficaces qui permettent d’accompagner l’homme dans ses démarches. Que ce soit au travail ou à la maison, nous nous entourons de plus en plus d’appareils qui facilitent notre quotidien : aujourd’hui, notre emploi du temps peut se lire à distance sur nos téléphones ou nos montres, tous nos papiers peuvent être numérisés sur nos ordinateurs ou clés USB au lieu de s’entasser dans une armoire, nos électroménagers peuvent être programmés à l’avance, etc.

Prenons un autre exemple, celui du projet « Speaking Exchange » du FCB Brasil, une agence de publicité brésilienne, et de la CNA language school network, un site d’e-learning destiné aux langues. En s’associant, ces deux entreprises ont créé une plateforme en ligne qui met en contact des personnes souhaitant améliorer leur niveau d’anglais et des personnes âgées anglophones. L’objectif de ce projet est double : il s’agit de faciliter les rencontres et les échanges entre les hommes, tout en gardant une visée éducative. De ce point de vue, les IHM ne nous rendent donc pas simplement plus performant, mais aussi plus sociable et ouvert au monde.

Mesut Eraslan, directeur senior et responsable IHM, témoigne de ce phénomène pour Le Journal du Net :

Nous entrons dans une nouvelle ère, où de plus en plus d’appareils connectés (comme des lunettes de réalité augmentée, des montres ou des vêtements connectés à usage professionnel) aideront les individus à travailler plus vite et avec plus de précision.

Nous sommes donc dans un rapport « d’assistance » où les IHM deviennent des mediums qui nous permettent d’améliorer nos conditions de vie et de travail.

Cependant, les IHM : simples intermédiaires ou nécessité ?

Le fait est que l’homme s’est très vite adapté à ces nouvelles technologies et en est devenu rapidement dépendant, à tel point qu’il ne pense plus être capable de vivre sans. Les machines se sont si développées que la plupart d’entre elles nous sont devenues indispensables. Ce n’est plus la machine qui a besoin de nous pour fonctionner, mais nous qui nécessitons ces dispositifs pour vivre.

Et il semblerait que plus l’appareil est compliqué, mieux c’est ! Michel Baudouin-Lafon, informaticien au Laboratoire de recherche en informatique, nous explique dans son article « Mieux penser les interfaces informatiques » que nos interactions avec le monde numérique sont devenues si fréquentes que l’homme va toujours chercher à avoir quelque chose de plus performant, avec de multiples fonctions, pour éviter de faire des efforts supplémentaires. Autrement dit, il semblerait que ce soit l’homme qui laisse la machine prendre le pas sur lui.

C’est également ce qui ressort des projets d’usines intelligentes de l’Industrie 4.0, qui nous amèneraient alors aux prémisses d’une quatrième révolution industrielle. L’idée serait de numériser l’usine grâce à l’Internet des objets, c’est-à-dire par l’extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique, ainsi que par des systèmes cyber-physiques. Dans cette optique, l’homme passerait alors au second plan et n’interviendrait plus que pour des contrôles ou en cas d’urgence, laissant la machine faire le reste. Si ces avancées semblent promettre une plus grande adaptabilité dans la production, espérons que cette réduction des IHM ne nous amènera pas à la disparition totale de l’homme dans ces interactions.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *