Du microlearning pour de « macro » connaissances ?

Nous connaissions déjà le e-learning, cet ensemble de solutions et de moyens qui, par le biais des nouvelles technologies du multimédia et de l’Internet, permet de fournir différents apprentissages à distance. Mais de cette démarche a découlé d’autres concepts, comme celui du microlearning. Petit frère du e-learning, qu’est-ce que celui-ci a à nous apprendre ?

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©leanforward

 

De la qualité plutôt que de la quantité

Le microlearning, comme son nom l’indique, répartit ses contenus d’apprentissage en petites séquences d’informations, de manière à garder l’attention du consommateur. Chaque séquence, généralement sous format vidéo, dure en moyenne entre trente secondes et cinq minutes. Cela permet ainsi de fournir un apprentissage personnalisé, qui vous permet d’évoluer à votre rythme et qui s’adapte à vos objectifs. Autrement dit, c’est une solution assez flexible qui cible en temps réel votre profil, ce que vous avez besoin d’apprendre, ce que vous ignorez encore, etc. Xavier Sillon, président fondateur de l’entreprise Vodeclic, témoigne de ce concept :

Conçus dans des scénarii d’apprentissage globaux, progressifs et itératifs, ces modules ont pour objet de proposer des micro formations qui collent aux réalités professionnelles quotidiennes et qui vont à l’essentiel pour les personnes souhaitant apprendre dans un laps de temps court.

Cette méthode tente ainsi de contrer « la courbe de l’oubli ». Concept défini par Hermann Ebbinghaus en 1885, cette courbe nous montre qu’en l’absence de répétition et de consolidation, les informations que l’on apprend à travers les cours se perdent avec le temps.

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©D2SI

Pour cela, le site elearning-news nous propose un exemple :

À l’issue d’une séance individualisée sur les Techniques de vente, l’apprenant pourrait recevoir une étude de cas présentant différents types de clients, puis une semaine plus tard, une vidéo sur les meilleures pratiques. Un mois après, un simple exercice sous forme de jeu pourrait permettre de vérifier s’il est toujours capable d’employer les techniques de vente.

L’intervalle de temps entre les séances d’apprentissage est donc très important et c’est par la répétition que l’on va favoriser la mémoire à long terme. Le format court du microlearning est donc le plus adapté pour rappeler régulièrement les informations issues de ces apprentissages.

Une formule économique pour garder l’attention des consommateurs

Nous vivons aujourd’hui dans un environnement d’information totalement saturé qui a fortement diminué notre capacité d’attention ces dernières années. Selon une enquête menée par Microsoft Corporation en 2015 à propos des effets du numérique sur l’attention, l’homme n’arriverait plus à rester concentré plus de 8 secondes. Cela signifie que notre capacité d’attention est devenue inférieure à celle d’un poisson rouge !

Yves Citton, professeur de lettres à l’université de Grenoble et théoricien de l’économie de l’attention, vient confirmer cette tendance à l’occasion de la publication de son ouvrage L’Économie de l’attention. Nouvel horizon du capitalisme ? :

Nous avons tous désormais accès à une quantité d’informations pertinentes (voire indispensables pour nos pratiques) bien supérieure aux capacités attentionnelles dont nous disposons pour en prendre connaissance. (…) Tout le monde sait que la principale difficulté, aujourd’hui, n’est pas tant de produire un film, un livre ou un site Web, que d’attirer l’attention d’un public submergé de propositions.

Fort de ce constat, le microlearning a donc totalement sa place au sein des nouvelles pratiques d’e-learning. En effet, son format court et condensé permet de garder l’attention des personnes concernées en se concentrant sur une seule notion à la fois, et non pas en les assommant d’une tonne d’informations. Contrairement aux enseignements classiques plus longs qui perdent le consommateur au bout de quelques minutes, le microlearning garde son public en alerte et lui offre une multitude d’enseignements clairs et concis qui va favoriser la mémorisation des informations.

À noter que les clients ont ainsi tendance à consommer davantage de contenus que lorsqu’ils passent par un enseignement plus « formel » car ils n’ont pas l’impression de s’investir autant que dans un module classique. Ils obtiennent ainsi plus de connaissances dans un temps optimal et sans avoir fournis beaucoup plus d’efforts.

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