Les « digital natives » sont-ils une génération sacrifiée ?

Chômage, précarité, insécurité, sont les principales problématiques des français en 2017. Des problèmes qui touchent particulièrement la jeunesse. Née entre 1980 et 1999, la jeunesse d’aujourd’hui est ce qu’on appelle la génération Y ou « digital natives ». Ils sont nés et ont grandis avec le numérique, et l’évolution rapide des nouvelles technologies, mais pourquoi aime-t-on à dire qu’il s’agit d’une génération sacrifiée ?

Digit

Étudier plus, pour gagner moins

Les sociologues s’accordent sur le sujet : la génération Y vivra mois bien que ses parents. Sur quels critères se base cette affirmation ? D’abord l’économie. Si l’on compare la situation économique du pays avant les années 80 et la situation actuelle, elle vient confirmer notre affirmation de départ. En effet la génération précédant la « gen Y », la génération X voit son entrée sur le marché du travail pendant ou peu après les Trente Glorieuses, soit la période d’essor économique qui a suivi la Seconde guerre mondiale. Quant aux digital natives ils devront conjuguer leur avenir avec la crise économique mondial de 2008 dont les conséquences se payent encore aujourd’hui. En 2016, une étude britannique montre que les salaires des jeunes sont en dessous de la moyenne nationale, quand ils se situaient au dessus de la moyenne il y a trente ans. La sociologue Monique Dagnaud nous dit :

A l’évidence, la génération Y subit une inégalité par rapport aux générations précédentes, déjà installées dans le monde du travail avec des CDI ou des postes de fonctionnaires. Les nouveaux entrants (les outsiders), même diplômés, ont du mal à entrer rapidement dans le monde du travail. Presque tous subissent des années de galère avant d’obtenir un emploi stable. 

Comment expliquer ce phénomène, alors les jeunes de la génération Y sont plus qualifiés, plus diplômés que leurs aînés au même âge ? On peut difficilement apporter une réponse mais on peut comprendre le sentiment d’injustice ambiant dans cette génération.

Un problème sans issue ?

Il est encore trop tôt pour le dire, mais le sociologue Louis Chauvel, auteur de plusieurs thèses autour du déclassement social des générations, semble complètement pessimiste quant à de possibles améliorations dans le futur. Pour Chauvel, cette situation se poursuivra : « bas salaires à vie, retraites plombées au-delà. ». Toujours selon lui, la situation est particulièrement dégradée en France, un peu moins chez ses voisins, comme l’Angleterre ou l’Espagne.

Le constat dressé par ce sociologue est accablant et souvent excessif, ses propos doivent être relativisés. Le niveau de vie des 15-35 ans a tout de même nettement augmenté par rapport à celui de leurs parents, et de toute évidence la comparaison entre les générations reste complexe, tant les facteurs sont variables. Bien sûr le contexte de 2017 est différent de 1977, certainement moins propice à l’emploi, mais la génération Y a à sa disposition des opportunités que les autres générations n’ont pas connus, grâce au numérique notamment. Non, les digital natives ne sont pas seulement désabusés, ils possèdent une inventivité, et des compétences indispensables aux entreprises du futur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *